Pour faire un bref retour sur la publication précédente, nous avons
abordé l’influence de l’hérédité sur le développement de l’Ataxie de Friedreich
et les différentes échelles de diagnostique de la maladie. Nous savons
maintenant que pour qu’une personne contracte cette maladie neurodégénérative,
les deux parents doivent posséder une mutation génétique. De plus, nous avons
abordé brièvement la prévalence de la maladie, je vous invite donc à lire la
publication précédente pour avoir plus d’informations et de ressources à
consulter.
Cette publication traitera des différents traitements disponibles et de
leurs effets sur la maladie. Pour commencer, je trouve pertinent de vous
rappeler que l’Ataxie de Friedreich est une maladie neuro- dégénérative incurable,
du moins à ce jour. Ainsi, l’efficacité des traitements disponibles que
nous présenterons aujourd’hui est très limitée. Il est très important de
comprendre la situation actuelle de la recherche pour l’Ataxie de Friedreich,
en effet, la maladie fut décrite pour la première fois en 1863 par Nicolas
Friedreich. Elle fut déterminée comme une maladie causant l’atrophie des cornes
dorsales menant à une ataxie progressive affaiblissant les muscles et les nerfs
sensitifs. Par ailleurs, l’élucidation moléculaire de cette maladie n’est
arrivée qu’en 1997. Celle-ci est en fait une maladie relativement jeune aux
yeux de la science.[1] De
cette manière, il est évident que l’efficacité des traitements existants en
souffre.
Lors de la première publication, nous avons expliqué le lien entre
l’augmentation de la frataxin et l’accumulation du fer dans les cellules
mitochondriales (usine énergétique). Ainsi, il en résultait une augmentation
des radicaux libres et une déficience de la production d’énergie
intracellulaire sous forme d’ATP (adénosine tri phosphate).
De manière simpliste, d’une part, si on est en mesure de réduire les
radicaux libres à l’aide d’antioxydants, on sera en mesure d’avoir une
meilleure production d’énergie intracellulaire et d’autre part, on vient
atténuer la détérioration cellulaire associée à la production de radicaux
libres.
À cet égard, le coenzyme Q10, la vitamine E et l’idebenon ont
scientifiquement été prouvés comme étant des antioxydants efficaces pour
l’atténuation de certains symptômes de la maladie.
En ce qui concerne l’idebenon, c’est un antioxydant
liposoluble, ce qui fait qu’il peut être assimilé dans les graisses
(lipides)[2].
Cette caractéristique lui permet d’être un excellent antioxydant et
transporteur de radicaux libres. Par conséquent, suivant une utilisation et des
dosages adéquats l’idebenon peut réduire le fer présent dans la mitochondrie et
diminue ainsi le stress oxydatif. La principale raison de la morbidité des
personnes ayant l’ataxie de Friedreich est l’hypertrophie du myocarde (cœur).
Toutefois, plusieurs études telles que Drinkard (2009) stipulent
que:<< 5 milligrammes d’idebenon par kilogramme de poids corporel
par jour ont été efficace pour réduire l’hypertrophie cardiaque
[2]>>. Ainsi,
on constate des améliorations considérables de l’espérance de vie des personnes
ayant l’Ataxie de Friedreich et souffrant de cardiomyopathie
[3] (maladie
du cœur). Pour ce qui est du coenzyme Q10 ou de la vitamine E, ils
contribuent à diminuer les niveaux de radicaux libres présents dans
l’organisme.
Pour conclure, il faut comprendre que les effets tant de l’Idebenone, du
coenzyme Q10 que de la vitamine E n’est pas très soutenue dans la
littérature scientifique. Effectivement, une récente revue de littérature
laisse présager que mise à part les résultats sur l’hypertrophie cardiaque l’ensemble
des recherches entreprises sur ces traitements ne sont pas effectuées de façon longitudinale
(à long terme), ce qui fait que les résultats obtenus jusqu'à maintenant avec
ces antioxydants sont très critiquables [4].
Cet article de H Parkinson (2013) soulève que pour que les résultats des traitements
soit représentatifs, la durée des recherches devrait être d’au moins deux ans [4].
Ceci met fin à la publication de cette semaine, la semaine prochaine,
nous aborderons les coûts monétaires liés à la maladie et à la recherche au
Québec.
[1] Maring, J. R., & Croarkin, E. (2007). Presentation and
progression of Friedreich ataxia and implications for physical therapist
examination. Physical therapy, 87(12), 1687–96.
doi:10.2522/ptj.20060232
[2] Drinkard, B. E., Keyser, R. E., Paul, et al. Exercise
Capacity and Idebenone Intervention in Children and Adolescents with
Friedreich’s Ataxia. Archives of Physical Medicine and Rehabilitation, 91(May
2009), 1044–1050.doi:10.1016/j.apmr.2010.04.007.Exercise
[3] Joyce.R Maring, Earllaine Croarkin, Presentation and
progression of Friedreich Ataxia and implications for Physical Physical
Therapist Therapist Examination Examination, Journal of the American Journaof
the American Physical Physical Therapy Therapy Association
Association,2007;87:1687 -1696
[4] Parkinson M. H., Schulz
J. B. and Giunti P. (2013b) Co-enzyme
Q10 and idebenone use in Friedreich's Ataxia. Journal of Neurochemistry. Volume 126(Suppl. 1), 125–141

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