vendredi 18 avril 2014

Un programme d'entraînement et les justifications des exercices pour les personnes atteintes de l'ataxie de Friedreich


Bonjour à vous,

Lors de la dernière publication nous avons abordé l’entraînement en milieu aquatique et les nombreux avantages que ce type d’entraînement peut apporter. Cette publication servira à vous démontrer un programme d’entraînement fictif qui regroupe l’ensemble des recommandations dont nous avons parlé concernant les exercices de musculation, de cardio-vasculaire, de souplesse, d’équilibre et de mobilité.

Je tiens à souligner que ce programme d’entraînement est fictif, puisqu’un programme se doit d’être adapté et spécifique tout en respectant les résultats obtenus lors du FARS ou tout autre test ayant servi pour l’évaluation des individus.

Donc, il est bien important de noter que ce programme n’est pas applicable à toutes les personnes atteintes d’ataxie de Friedreich. En effet, les symptômes et la progression de la maladie sont uniques à chacune des personnes atteintes de la maladie. De plus, il ne faut pas oublier de remplir le Q-AAP et le X-AAP avant d’entreprendre toute évaluation de la condition physique ainsi qu’un programme d’entraînement.

Voici le programme en question :
©Template Tarik Azlag

Ce programme débute avec l’entraînement cardio-vasculaire suivi par les exercices de renforcement musculaire incluant la stabilité posturale et se termine avec des exercices d’étirement qui, non pas comme les exercices de musculation et de cardio-vasculaire, devront être faits tous les jours car la spasticité est constante chez les individus atteints d’ataxie de Friedreich.

Ce programme est planifié sous forme d’atelier, ce qui signifie que notre sujet fictif devra exécuter une série du premier exercice, suivi d’une série du deuxième exercice et suivi d’une série du troisième exercice pour enfin recommencer le processus pour atteindre les trois séries de 12 répétitions recommandées par l’ACSM et Harris-Love et al[1].

Cette manière de faire peut paraître particulière, mais les études scientifiques ont démontré que ce type d’entraînement qu’on qualifie de programme multifactoriel est généralement plus efficace pour favoriser la performance et surtout l’apprentissage moteur[2]. En effet, puisque les tâches effectuées quotidiennement sont difficilement cassées dans une seule description. Ainsi, si on se concentre seulement sur un type d’exercices à la fois, il est possible d’obtenir une bonne performance. 
Par contre, cette stratégie n’est pas optimale pour l’apprentissage moteur. C’est pour cette raison qu’il faudrait évaluer tant l’atteinte sensorielle, cognitive que motrice. C’est ainsi qu’une pratique variée, distribuée et aléatoire[3] reprend la logique des programmes multifactoriels. On peut aussi souligner que dans ce programme, les exercices de musculation sont entrecoupés avec des exercices de stabilité. Nous avons procédé de cette façon, parce que l’équilibre n’est pas seulement statique, mais surtout dynamique comme lors des différents exercices qui sollicitent les membres supérieurs dans une position debout, à genoux ou assise. Ces exercices sont un grand défi pour la stabilité des muscles du tronc et du plancher pelvien puisqu’ils font osciller le centre de masse.

Ensuite, il ne faut pas oublier que  bien souvent les incapacités sont dues à un ensemble de facteurs comme la médication, une perturbation du système vestibulaire, oculaire ou somato-sensorielle, de l’âge, de l’historique de chute, et des troubles cognitifs d’exécution. Ainsi, dans les interventions il faut tenir en compte la force et la puissance, la souplesse, l’équilibre et la mobilité des articulations des personnes atteintes d’ataxie de Friedreich, parce que comme nous l’avons spécifié plus tôt, le tendon d’Achille et les extenseurs des orteils viennent à déformer la plante du pied en lui faisant faire une flexion plantaire (pied pointé). Donc s’il y a bien une composante de l’entraînement qu’il faut travailler progressivement c’est l’équilibre.

Bref, pour atteindre l’objectif de notre client qui est de maintenir son autonomie. les exercices devrons viser un renforcement de la sangle abdominale et du planche pelvien pour favoriser la stabilité posturale et les muscles des membres inférieurs pour favoriser la vitesse de marche et leur autonomie. Ensuite, les exercices de souplesse seront ciblés particulièrement pour les fléchisseurs, les extenseurs de la hanche et les fléchisseurs plantaires de la cheville pour assurer une meilleure mobilité et posture. Enfin, Le vélo stationnaire sera notre meilleur choix, car il est le plus sécuritaire et accessible. De plus, les muscles sollicités lors du coup de pédale à l’aide de cale-pied permettent de maintenir une activité musculaire au niveau des muscles principaux des membres inférieurs lors de la locomotion.

Pour finir, il est important de ne pas oublier que les programmes d’entraînement multifactoriels peuvent facilement être remplacer par la pratique d’un sport ou des exercice en milieux aquatique en fonction des goût des individus et bien sur adapté à leur situation et capacités.


[1] Harris-Love, M. O., Siegel, K. L., Paul, S. M., & Benson, K. (2004). Rehabilitation management of Friedreich ataxia: lower extremity force-control variability and gait performance. Neurorehabilitation and Neural Repair, 18(2), 117–24. doi:10.1177/0888439004267241

[1] ACSM’s Exercise Management for Persons with Chronic Diseases and Disabilities, 3rd Edition, Human Kinetics. 2009.

[2] Milne, S. C., Campagna, E. J., Corben, L. a, Delatycki, M. B., Teo, K., Churchyard, A. J., & Haines, T. P. (2012). 
Retrospective study of the effects of inpatient rehabilitation on improving and maintaining functional 
independence in people with Friedreich ataxia. Archives of Physical Medicine and Rehabilitation
93(10), 1860–3. doi:10.1016/j.apmr.2012.03.026

[3] Timmermans, A. A, Spooren, A. I. F., Kingma, H., Seleen, H. A. M. (2010)."Influence of Task-Oriented Training Content on Skilled Arm–Hand Performance in Stroke: A Systematic Review". Neural rehabilitation and neural repair 24: 219–224.

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