Bonjour
à vous,
Lors de la dernière
publication nous avons abordé l’entraînement en milieu aquatique et les
nombreux avantages que ce type d’entraînement peut apporter. Cette publication
servira à vous démontrer un programme d’entraînement fictif qui regroupe
l’ensemble des recommandations dont nous avons parlé concernant les exercices
de musculation, de cardio-vasculaire, de souplesse, d’équilibre et de mobilité.
Je tiens à souligner que
ce programme d’entraînement est fictif, puisqu’un programme se doit d’être
adapté et spécifique tout en respectant les résultats obtenus lors du FARS ou
tout autre test ayant servi pour l’évaluation des individus.
Donc, il est bien important
de noter que ce programme n’est pas applicable à toutes les personnes atteintes
d’ataxie de Friedreich. En effet, les symptômes et la progression de la maladie
sont uniques à chacune des personnes atteintes de la maladie. De plus, il ne
faut pas oublier de remplir le Q-AAP et le X-AAP avant d’entreprendre toute
évaluation de la condition physique ainsi qu’un programme d’entraînement.
Voici le programme en
question :
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| ©Template Tarik Azlag
Ce programme débute avec l’entraînement cardio-vasculaire suivi par les
exercices de renforcement musculaire incluant la stabilité posturale et se
termine avec des exercices d’étirement qui, non pas comme les exercices de
musculation et de cardio-vasculaire, devront être faits tous les jours car la
spasticité est constante chez les individus atteints d’ataxie de Friedreich.
Ce programme est planifié sous forme d’atelier, ce qui signifie que
notre sujet fictif devra exécuter une série du premier exercice, suivi d’une
série du deuxième exercice et suivi d’une série du troisième exercice pour
enfin recommencer le processus pour atteindre les trois séries de 12
répétitions recommandées par l’ACSM et Harris-Love et al[1].
Cette manière de faire peut paraître particulière, mais les études
scientifiques ont démontré que ce type d’entraînement qu’on qualifie de
programme multifactoriel est généralement plus efficace pour favoriser la
performance et surtout l’apprentissage moteur[2].
En effet, puisque les tâches effectuées quotidiennement sont difficilement
cassées dans une seule description. Ainsi, si on se concentre seulement sur un
type d’exercices à la fois, il est possible d’obtenir une bonne performance.
Par contre, cette stratégie n’est pas optimale pour l’apprentissage moteur. C’est
pour cette raison qu’il faudrait évaluer tant l’atteinte sensorielle, cognitive
que motrice. C’est ainsi qu’une pratique variée, distribuée et aléatoire[3]
reprend la logique des programmes multifactoriels. On peut aussi souligner que
dans ce programme, les exercices de musculation sont entrecoupés avec des exercices
de stabilité. Nous avons procédé de cette façon, parce que l’équilibre n’est
pas seulement statique, mais surtout dynamique comme lors des différents
exercices qui sollicitent les membres supérieurs dans une position debout, à
genoux ou assise. Ces exercices sont un grand défi pour la stabilité des
muscles du tronc et du plancher pelvien puisqu’ils font osciller le centre de
masse.
Ensuite, il ne faut pas oublier que bien souvent les incapacités sont dues à un
ensemble de facteurs comme la médication, une perturbation du système
vestibulaire, oculaire ou somato-sensorielle, de l’âge, de l’historique de
chute, et des troubles cognitifs d’exécution. Ainsi, dans les interventions il
faut tenir en compte la force et la puissance, la souplesse, l’équilibre et la
mobilité des articulations des personnes atteintes d’ataxie de Friedreich,
parce que comme nous l’avons spécifié plus tôt, le tendon d’Achille et les
extenseurs des orteils viennent à déformer la plante du pied en lui faisant faire
une flexion plantaire (pied pointé). Donc s’il y a bien une composante de l’entraînement qu’il faut travailler
progressivement c’est l’équilibre.
Bref, pour atteindre l’objectif de notre client qui est de maintenir son
autonomie. les exercices devrons
viser un renforcement de la sangle abdominale et du planche pelvien pour
favoriser la stabilité posturale et les muscles des membres inférieurs pour
favoriser la vitesse de marche et leur autonomie. Ensuite, les exercices de
souplesse seront ciblés particulièrement pour les fléchisseurs,
les extenseurs de la hanche et les fléchisseurs plantaires de la cheville pour assurer
une meilleure mobilité et posture. Enfin, Le vélo stationnaire sera notre meilleur
choix, car il est le plus sécuritaire et accessible. De plus, les muscles
sollicités lors du coup de pédale à l’aide de cale-pied permettent de maintenir
une activité musculaire au niveau des muscles principaux des membres inférieurs
lors de la locomotion.
Pour finir, il est important de ne pas oublier que les programmes
d’entraînement multifactoriels peuvent facilement être remplacer par la
pratique d’un sport ou des exercice en milieux aquatique en fonction des goût
des individus et bien sur adapté à leur situation et capacités.
[1] Harris-Love, M. O., Siegel, K.
L., Paul, S. M., & Benson, K. (2004). Rehabilitation management of
Friedreich ataxia: lower extremity force-control variability and gait
performance. Neurorehabilitation and Neural Repair, 18(2), 117–24.
doi:10.1177/0888439004267241
[1] ACSM’s Exercise Management for Persons with Chronic
Diseases and Disabilities, 3rd Edition, Human Kinetics. 2009.
[2] Milne, S. C., Campagna, E. J., Corben, L. a, Delatycki, M. B., Teo, K.,
Churchyard, A. J., & Haines, T. P. (2012).
Retrospective study of
the effects of inpatient rehabilitation on improving and maintaining functional
independence in people with Friedreich ataxia. Archives of Physical Medicine
and Rehabilitation,
93(10), 1860–3.
doi:10.1016/j.apmr.2012.03.026
[3] Timmermans, A. A, Spooren, A. I. F., Kingma, H., Seleen, H. A. M.
(2010)."Influence of Task-Oriented Training Content on Skilled Arm–Hand
Performance in Stroke: A Systematic Review". Neural
rehabilitation and neural repair 24:
219–224.
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